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Commentaire de
Sans la nommer

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En bref.

Une belle absente sur le mot RÉVOLUTION.

Mais encore...

Du 1er mai 2015 au 30 avril 2016, Noël Bernard a animé sur Twitter et la liste Oulipo le Sankulipo. Ce mot-valise composé de sans-culotte, haïku et lipogramme désigne un projet d'écriture à contrainte : chaque jour, Noël Bernard ou l'un de ses amis compose un haïku en n'utilisant que quelques consonnes, déterminées par le calendrier républicain en vigueur pendant la Révolution française. On trouvera plus de détails, et l'ensemble des haïkus (dont quelques-uns de mon cru), sur la page du Sankulipo.

La correspondance entre les dates du calendrier républicain et celles de notre calendrier grégorien est modifiée lors des années bissextiles, car le calendrier républicain ajoute un jour supplémentaire (appelé « jour de la révolution ») le 21 septembre et non le 29 février. Pour éviter un décalage, Noël Bernard a décidé de célébrer le jour de la révolution le 29 février 2016 en remplaçant le sankulipo par un exercice différent. Il a invité tous ceux qui le souhaitaient à composer une belle absente sur le mot « révolution ».

Le poème Sans la nommer est ma contribution à cette journée. On peut le retrouver avec toutes les autres contributions sur la page spéciale « Révolution ». Le premier vers contient toutes les lettres de « l'alphabet oulipien » sauf le R, le second toutes les lettres sauf le E, le troisième toutes les lettres sauf le V, et ainsi de suite jusqu'au dernier vers sans N. L'alphabet oulipien est l'alphabet privé des lettres « rares » K, W, X, Y et Z, qui ne sont normalement pas utilisées dans les belles absentes. Ici je me suis permis d'introduire un Y au vers 3 et un X aux vers 5 et 8.

Le poème est composé d'alexandrins réguliers mais non rimé. Il cite les principaux symboles de la Révolution et de la République françaises : la prise de la Bastille, le bonnet phrygien, la Marseillaise, le drapeu tricolore, etc. Le troisième vers est une référence à la chanson Que Marianne était jolie de Michel Delpech (1946-2016) : « Dieu ! Mais que Marianne était jolie / Quand elle marchait dans les rues de Paris / En chantant à pleine voix : / Ça ira ça ira... ». Le dernier vers nomme deux auteurs qui ont parlé de révolution à leur manière, Victor Hugo (1802-1885) et Léo Ferré (1916-1993), et fait allusion à la chanson Sans la nommer de Georges Moustaki (1934-2013) : « Je voudrais sans la nommer vous parler d'elle [...] On l'appelle Révolution permanente ». J'ai d'ailleurs repris le titre de cette chanson pour mon poème, puisque le principe de la belle absente est précisément de parler d'une personne ou d'une chose sans la nommer.


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© Nicolas Graner – 2016

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Dernière modification le 29/02/2016.