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Retour vers Le cothurne étroit

Billet doux

Je ne sais comment vous le dire, mais j'ai
bien ressenti hier, au bal, que vous aviez
toujours un aussi grand plaisir à me faire
danser. Je garde le souvenir de ce délicat
baiser et je voudrais que ce soit toujours
pour moi une raison d'espérer d'être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et vous pourriez sans crainte me voir
dévoiler à vos yeux, en confiance, mon âme
toute nue si vous veniez me rendre visite.
Je vous en prie, venez chez moi, cher ami.
Je pourrai me montrer face à vous la femme
sincère, qui saura vous offrir l'affection
la plus profonde, et aussi la plus étroite
amitié, à coup sûr la plus tendre compagne
que vous puissiez souhaiter, puisque votre
âme est libre. Hélas, la solitude oú j'ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
triste. De vous en parler je sens ma peine
enflée. Accourez donc au plus vite pour me
fortifier par vos discours dont je veux me
pénétrer tout entière.

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© Nicolas Graner – juin 2000

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Dernière modification le 30/09/2014.